Publier le roman-fleuve de Margaret Mitchell était déjà une gageure, mais faire d’Autant en emporte le vent un film était pure folie. Des centaines de décors, de costumes et d’acteurs pour un film d’une longueur invraisemblable : un défi qui aurait pu ruiner David O. Selznick, son producteur mégalomane, bien décidé à réussir « le plus grand film de tous les temps » . Par-delà les tractations cocasses, les difficultés d’adaptation et les imprévus en tous genres, une question centrale s’invite au coeur des débats qui agitent les Etats-Unis : qui pour incarner Scarlett ? Trois années à voir défiler un bal d’actrices parmi les plus célèbres comme des milliers d’inconnues qui participent à ce casting homérique.
Trois années où, à l’ombre des paillettes, Hattie McDaniel doit faire accepter à la communauté noire qu’elle préfère jouer le rôle d’une domestique plutôt que d’en être une. Dans ce roman trépidant, François-Guillaume Lorrain fait revivre les affres, les plaisirs et les jours des protagonistes de cette aventure qui marqua l’âge d’or d’Hollywood : le moralement douteux David O. Selznick, la très obstinée Vivien Leigh, le flegmatique Clark Gable, et Hattie McDaniel, la première interprète noire oscarisée pour le rôle qu’on lui reprochait pourtant d’endosser.
Scarlett
555
Hélène Gestern nous entraîne dans le monde de la musique, des clavecinistes, de la lutherie, avec une puissance qui lui appartient. C’est en défaisant la doublure d’un étui à violoncelle que Grégoire Coblence, associé d’un luthier, découvre une partition ancienne.
Après l’avoir fait déchiffrer, il acquiert la certitude qu’elle a été écrite par Domenico Scarlatti, le plus illustre des compositeurs pour clavecin. Mais la partition disparaît. Cinq êtres, dont l’existence est intimement liée à l’oeuvre du musicien, se lancent alors à corps perdu à la recherche du précieux document. lls sont amenés à questionner leur passé, leurs amours, leurs espérances et leurs erreurs. Scarlatti, compositeur génial aux 555 sonates, est le fil conducteur de ce roman.
Coup de cœur : j’attends toujours avec impatience les romans d’Hélène Gestern. Tant de délicatesse dans l’écriture et dans l’expression des sentiments, tant de talent dans l’art de broder une histoire et de nous tenir suspendus à ses fils. Ce dernier roman de déroge pas à la règle et le plaisir de lecture est toujours là. À tous les chanceux qui ne connaissent pas encore son oeuvre et vont la découvrir je recommanderais plus particulièrement « Eux sur la photo », « Portrait d’après blessure » et « L’odeur de la forêt ». Bonne lecture !
Jambes cassées, coeurs brisés
Lisbeth a 42 ans, une jolie petite maison au bord de la mer, un travail qu’elle adore. Bon, elle est célibataire, ce qui vaut toujours mieux que d’être malheureuse en amour. Mais à l’approche de Noël, tout tourne mal. Sa direction veut réduire ses heures de cours, au profit d’un champion de ski – un homme. Son ancien petit ami surgit sur le pas de la porte, lassé de sa pulpeuse fiancée. Sa soeur veut accoucher à la maison.
La fille de sa meilleure amie a des ennuis avec la police. Cerise sur le gâteau : sa mère veut démarrer les festivités de Noël à 11 heures du matin. Une histoire chaleureuse, drôle et légèrement décalée sur ce que nous attendons de nous-mêmes et des autres.
Mon avis : un peu de légèreté ne fait pas de mal, parfois. Et pour une fois je salue un roman dans ce genre ! (Karine)
Comme les lions
Pendant des décennies, le clan Burroughs a régné sur Bull Mountain, en Géorgie, en écoulant alcool de contrebande et drogue dans plusieurs Etats. Avec leur disparition, Clayton, seul bon rejeton de cet arbre véreux, se retrouve le dernier survivant. En tant que shérif de Bull Mountain, il souhaite enterrer cet héritage familial violent et mettre un terme aux conflits sur lesquels s’est bâti cette famille.
Mais pour cela il devra choisir entre un passé auquel il ne peut échapper et la loi…
Coup de cœur : divine surprise, Brian Panowitch donne une suite à l’excellent « Bull mountain« . Les personnages sont toujours aussi forts, l’intrigue savamment menée et le contexte terriblement sauvage. À suivre … le troisième opus !
Fup (l’oiseau Canadèche)
(Roman illustré)
Ce petit livre tout aussi spirituel que spiritueux est à 97% un coup de génie. Les 3% qui restent pouvant, selon l’appréciation de chacun, relever du délire animalier, de l’apologie de la clôture, du manifeste anarchiste, de l’éloge de la vieillesse, du manuel de siphonnage à contre-pente, du traité d’échecs sous les séquoias, etc. Un conte moderne, drôle et plein de poésie, qui raconte la vie et ses trajectoires imprévisibles, et dont le seul défaut est d’être trop court !
La présente édition est superbement mise en image par Tom Haugomat – vous pouvez en admirer quelques planches ici.
Peut-être – Album
Résumé :
Cette histoire révèle tous les talents qui sommeillent en toi. Apprends à te connaître, rêve et laisse la vie te surprendre. Alors, peut-être, dépasseras-tu tes rêves les plus fous…
Coup de cœur :
Un superbe album sur tous les possibles que recèle un enfant.
Les illustrations de Gabrielle Barouch sont absolument sublimes, riches, et profondes et mettent merveilleusement en valeur le texte poétique. Un message bienveillant et encourageant qui rappelle que parce qu’on est là, on a déjà sa place et que le meilleur est à venir ! Un album à offrir à tout le monde, grand·es et petit·es
Amari Tome 1
Résumé :
Amari, douze ans, n’a jamais cessé de croire que son frère Quinton, disparu depuis six mois, était vivant. Quand elle découvre une étrange mallette et une invitation à se rendre au mystérieux Bureau des affaires surnaturelles, la jeune fille n’hésite pas. Elle est persuadée que la disparition de son frère a quelque chose à voir avec cette organisation secrète. Quand elle se présente à l’adresse indiquée par l’invitation, elle est reçue par un ascenseur parlant et pénètre un monde magique.
Amari y découvre que son frère était un agent de talent. Aidé de sa partenaire Maria Van Helsing, Quinton est responsable de l’arrestation de l’épouvantable magicien Raoul Moreau, le dernier Frère de la Nuit. Ce ne peut pas être une coïncidence ! Amari a le choix : s’engager en tant qu’apprentie, ou tout oublier. Elle décide de rejoindre le département des Enquêtes surnaturelles pour en savoir plus.
Malheureusement, lors de la cérémonie d’accueil, elle fait exploser la boule de cristal qui doit amplifier un de ses talents. Sa colocataire de chambre, Elsie, dragon-garou inventive, est devenue génie de l’invention ; l’insupportable Lara Van Helsing est dotée de capacités physiques surhumaines et l’intrigant Dylan Van Helsing devient infaillible… Amari, elle, se découvre magicienne illusionniste, ce qui est de très mauvais augure ; les magiciens sont les ennemis du Bureau ! Son lien de parenté avec Quinton plaide en sa faveur, et Amari peut débuter son apprentissage.
Si elle réussit trois épreuves, elle pourra se former en tant qu’agent junior et devra revenir tous les étés. Mais un fidèle apprenti de Moreau menace toujours le monde surnaturel, et ses propres camarades de classe la voient comme est une ennemie. Amari devra faire preuve d’un courage inouï. Car si elle ne va pas au bout de sa formation, elle ne saura jamais ce qui est arrivé à son frère.
Coup de cœur :
Un excellent premier roman qui nous transporte dans un monde bien connu des lecteurs d’Harry Potter et autres aventures magiques. Un roman également très actuel, qui soulève la question de la différence mais qui démontre aussi de façon sublime à quel point il est important de croire en ses rêves.
47 Cordes – Première partie – Album
Résumé :
Une métamorphe, créature fantastique capable de changer de forme à volonté, convoite (chasse) un jeune homme nommé Ambroise. Très vite des questions se mettent à la hanter : quel visage doit-elle incarner pour se faire aimer ? Qui doit-elle être pour conquérir sa proie ?
Inconscient de l’obsession dont il est l’objet, ignorant la vraie nature de la créature, Ambroise cherche à acquérir une légitimité au sein de l’orchestre qu’il vient d’intégrer en tant que harpiste. C’est alors qu’il rencontre Francesca Forabosco, cantatrice aussi fantasque que renommée, qui va le prendre sous son aile. Elle lui propose un marché : s’il veut obtenir la harpe de ses rêves, Ambroise devra relever 47 défis (un pour chacune des 47 cordes de la harpe). Un seul échec et la harpe lui échappe.
Coup de cœur :
Œuvre dense et aboutie, ce thriller psychologique envoutant reprend les thèmes fétiches de l’auteur ( « Ces jours qui disparaissent » ; « Le patient » ) : l’obsession, le désir et l’identité.
Un album sublime, à la narration hypnotique et au graphisme sensuel.




